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La rupture conventionnelle : conditions, procédure, contentieux

Créée en 2008, la rupture conventionnelle est devenue le troisième mode de rupture du contrat de travail. Sa souplesse apparente masque un formalisme dont le non-respect entraîne la requalification en licenciement sans cause réelle et sérieuse.

Droit du travail · Rédigé par Aimé Cauver, Corpus · Mis à jour en août 2026

Les articles L1237-11 et suivants du code du travail organisent une rupture d'un commun accord, exclusive du licenciement comme de la démission. Elle ne s'applique qu'au contrat à durée indéterminée.

La condition de fond : un consentement libre

C'est la seule condition de fond, et elle concentre le contentieux. La rupture ne peut résulter d'une contrainte, ni servir à contourner les règles du licenciement.

La Cour de cassation admet toutefois qu'un contexte conflictuel n'entraîne pas à lui seul la nullité : encore faut-il démontrer que le consentement a été vicié. En revanche, une rupture conclue dans un contexte de harcèlement moral est nulle.

Le point qui tombe

Une rupture conventionnelle peut être valablement conclue pendant un arrêt de travail, y compris consécutif à un accident du travail, dès lors que le consentement est libre. C'est une solution jurisprudentielle contre-intuitive, donc régulièrement testée.

La procédure

  1. Un ou plusieurs entretiens, au cours desquels le salarié peut se faire assister.
  2. Signature de la convention, qui fixe la date de rupture et le montant de l'indemnité.
  3. Délai de rétractation de quinze jours calendaires, ouvert aux deux parties, sans motivation.
  4. Homologation par l'autorité administrative, qui dispose de quinze jours ouvrables. Le silence vaut acceptation.

Pour les salariés protégés, l'homologation est remplacée par une autorisation de l'inspecteur du travail, qui exerce un contrôle plus approfondi.

L'indemnité

Elle ne peut être inférieure à l'indemnité légale de licenciement. Le montant est librement négocié au-delà. Le salarié conserve le bénéfice de l'assurance chômage, ce qui explique largement le succès du dispositif.

Le contentieux

Toute contestation relève du conseil de prud'hommes, dans un délai de douze mois à compter de l'homologation. Deux issues possibles.

En revanche, l'absence de remise d'un exemplaire de la convention au salarié entraîne la nullité de plein droit, solution constante depuis 2013.

Questions fréquentes

Peut-on conclure une rupture conventionnelle avec un salarié en CDD ?

Non, le dispositif est réservé au CDI. Le CDD ne peut être rompu d'un commun accord que par la voie de l'article L1243-1.

Le salarié peut-il revenir sur sa décision après homologation ?

Non, passé le délai de rétractation de quinze jours, il ne peut plus que contester la validité de la rupture devant le juge, dans un délai de douze mois.

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Sécuriser le droit du travail

Les modes de rupture se comparent : chacun a ses conditions, sa procédure et ses indemnités. Un tableau de synthèse bien construit vaut des points à l'examen.

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