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La durée du travail : durée légale, heures supplémentaires, forfaits

La durée légale n'est pas une durée maximale mais un seuil de déclenchement des heures supplémentaires. Cette distinction, souvent mal comprise, est le point de départ de tout raisonnement en la matière.

Droit du travail · Rédigé par Aimé Cauver, Corpus · Mis à jour en août 2026

L'article L3121-27 fixe la durée légale du travail effectif à trente-cinq heures par semaine. Ce n'est ni un maximum ni un minimum : c'est le seuil au-delà duquel les heures accomplies deviennent supplémentaires.

Le travail effectif

Défini à l'article L3121-1 : temps pendant lequel le salarié est à la disposition de l'employeur et se conforme à ses directives sans pouvoir vaquer librement à des occupations personnelles.

Cette définition commande la qualification des temps de pause, d'habillage, de trajet et d'astreinte. L'astreinte n'est pas du travail effectif, sauf pendant les interventions, mais elle donne lieu à contrepartie.

Les durées maximales

Ces plafonds sont d'ordre public et trouvent leur origine dans le droit de l'Union européenne. Leur dépassement cause nécessairement un préjudice au salarié, ce qui dispense celui-ci d'en rapporter la preuve.

Les heures supplémentaires

Elles se décomptent à la semaine et donnent lieu à majoration : vingt-cinq pour cent pour les huit premières, cinquante pour cent au-delà, sauf accord fixant un taux différent qui ne peut être inférieur à dix pour cent.

Le contingent annuel, fixé par accord ou à défaut à deux cent vingt heures, déclenche une contrepartie obligatoire en repos lorsqu'il est dépassé.

La preuve des heures supplémentaires

Elle est partagée, article L3171-4. Le salarié présente des éléments suffisamment précis, l'employeur doit y répondre en produisant ses propres relevés. Un employeur qui ne décompte pas le temps de travail se met en difficulté probatoire.

Les repos obligatoires

Les conventions de forfait

Le forfait en jours permet de décompter le temps de travail en journées, sans référence horaire. Il est réservé aux cadres autonomes et à certains salariés disposant d'une réelle autonomie.

Sa validité est strictement encadrée depuis l'arrêt de la Cour de cassation du 29 juin 2011 : l'accord collectif doit garantir le respect des durées maximales et des repos, ainsi qu'un suivi effectif de la charge de travail. À défaut, la convention est privée d'effet et le salarié peut réclamer le paiement de ses heures supplémentaires.

Questions fréquentes

Un salarié peut-il refuser des heures supplémentaires ?

En principe non, elles relèvent du pouvoir de direction. Le refus peut être fautif, sauf abus de l'employeur ou délai de prévenance insuffisant.

Le temps de trajet est-il du travail effectif ?

Le trajet domicile-travail ne l'est pas, mais s'il dépasse le temps normal, il ouvre droit à contrepartie. Le trajet entre deux lieux de travail est en revanche du travail effectif.

Aller plus loin

Travailler la durée du travail

Un thème chiffré, où la méthode consiste à vérifier successivement les seuils. Il se prête particulièrement bien aux cas pratiques.

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