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La responsabilité de l'administration : pour faute et sans faute

La responsabilité administrative s'est construite contre le principe d'irresponsabilité de la puissance publique. Elle obéit aujourd'hui à deux logiques, la faute et le risque, dont l'articulation est le cœur de la matière.

Droit administratif · Rédigé par Aimé Cauver, Corpus · Mis à jour en août 2026

L'arrêt Blanco de 1873 a posé le principe : la responsabilité de l'administration n'est ni générale ni absolue, et elle obéit à des règles spéciales. Tout le droit de la responsabilité administrative découle de cette autonomie.

La responsabilité pour faute

Le principe est la faute simple. L'exigence d'une faute lourde, longtemps répandue, a fortement reculé.

Faute personnelle et faute de service

La distinction remonte à l'arrêt Pelletier de 1873. La faute de service engage l'administration devant le juge administratif ; la faute personnelle engage l'agent devant le juge judiciaire.

La jurisprudence a atténué la rigueur de cette séparation par les théories du cumul de fautes, arrêt Anguet de 1911, et du cumul de responsabilités, arrêt Époux Lemonnier de 1918. La victime peut ainsi agir contre l'administration même en présence d'une faute personnelle, dès lors que celle-ci n'est pas dépourvue de tout lien avec le service.

La formule à connaître

Selon la formule de Laferrière, il y a faute de service si l'acte révèle un administrateur plus ou moins sujet à erreur, et faute personnelle s'il révèle l'homme avec ses faiblesses, ses passions, ses imprudences.

La responsabilité sans faute

Deux fondements distincts.

  1. Le risque. Choses et activités dangereuses, arrêt Regnault-Desroziers de 1919 ; collaborateurs occasionnels du service public, arrêt Commune de Saint-Priest-la-Plaine de 1946 ; méthodes thérapeutiques nouvelles.
  2. La rupture d'égalité devant les charges publiques. Dommages permanents de travaux publics, refus de concours de la force publique, arrêt Couitéas de 1923, et responsabilité du fait des lois, arrêt La Fleurette de 1938.

Le préjudice réparable

Il doit être certain, direct et légitime. Le juge administratif répare l'ensemble des chefs de préjudice, patrimoniaux et extrapatrimoniaux, selon une nomenclature aujourd'hui proche de celle du juge judiciaire.

Questions fréquentes

L'État est-il responsable du fait des lois ?

Oui, sur le fondement de la rupture d'égalité depuis 1938, et depuis l'arrêt Gardedieu de 2007 en cas de méconnaissance d'un engagement international.

Quelle juridiction saisir contre un agent public fautif ?

Le juge judiciaire si la faute est personnelle détachable du service, le juge administratif dans les autres cas. En pratique la victime a souvent intérêt à agir contre l'administration.

Aller plus loin

Travailler la responsabilité administrative

Un thème où les cas pratiques combinent qualification de la faute, imputation et évaluation du préjudice.

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