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La hiérarchie des normes : le schéma, expliqué

La pyramide de Kelsen s'apprend en dix minutes. Ce qui prend un semestre, c'est de comprendre ce qui se passe à chaque étage quand deux normes se contredisent.

Droit constitutionnel · Rédigé par Aimé Cauver, Corpus · Mis à jour en août 2026

La hiérarchie des normes ordonne les règles juridiques selon leur autorité : une norme inférieure doit être conforme à la norme supérieure. Cette construction, formalisée par Hans Kelsen, structure l'ensemble du droit français.

Les étages de la pyramide

  1. Le bloc de constitutionnalité. La Constitution de 1958, son préambule, la Déclaration de 1789, le préambule de 1946, la Charte de l'environnement et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République.
  2. Les traités et le droit de l'Union. L'article 55 de la Constitution leur confère une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve de réciprocité.
  3. La loi. Votée par le Parlement, dans le domaine défini à l'article 34.
  4. Le règlement. Décrets et arrêtés, compétence de principe selon l'article 37.

Le contrôle de constitutionnalité

Il est exercé par le Conseil constitutionnel, a priori depuis 1958, et a posteriori depuis la révision de 2008 par la question prioritaire de constitutionnalité. La QPC a modifié en profondeur la pratique : la loi promulguée n'est plus incontestable.

Une limite importante : le Conseil constitutionnel refuse de contrôler la conformité des lois aux traités, position posée dès la décision IVG de 1975. Ce contrôle, dit de conventionnalité, est laissé aux juges ordinaires.

Le contrôle de conventionnalité

Deux arrêts fondent la solution française. La Cour de cassation l'admet dans l'arrêt Jacques Vabre de 1975 ; le Conseil d'État s'y rallie plus tard, dans l'arrêt Nicolo de 1989.

Depuis, tout juge peut écarter une loi contraire à un traité. C'est un pouvoir considérable, qui coexiste avec le contrôle de constitutionnalité sans se confondre avec lui.

La question qui tombe souvent

Que se passe-t-il si un traité contredit la Constitution ? Le Conseil d'État répond dans l'arrêt Sarran de 1998, la Cour de cassation dans l'arrêt Fraisse de 2000 : dans l'ordre interne, la Constitution prime. La primauté de l'article 55 ne joue qu'à l'égard des lois.

Loi et règlement

L'article 34 énumère les matières relevant de la loi ; l'article 37 confie le reste au règlement. Ce partage, présenté en 1958 comme un encadrement du Parlement, a été considérablement assoupli par la jurisprudence du Conseil constitutionnel.

Le règlement autonome, pris dans le domaine de l'article 37, se distingue du règlement d'application, qui met en œuvre une loi. Tous deux sont soumis au contrôle du juge administratif par la voie du recours pour excès de pouvoir.

Questions fréquentes

Le droit de l'Union prime-t-il la Constitution ?

Du point de vue de la Cour de justice, oui. Du point de vue des juridictions françaises, la Constitution reste suprême dans l'ordre interne. Cette divergence n'est pas résolue et fait l'objet d'un aménagement pragmatique.

Quelle différence entre constitutionnalité et conventionnalité ?

Le contrôle de constitutionnalité vérifie la conformité à la Constitution et relève du Conseil constitutionnel ; le contrôle de conventionnalité vérifie la conformité aux traités et relève de tout juge.

Aller plus loin

Reprendre le droit constitutionnel

C'est souvent la matière la plus déroutante du premier semestre de L1, parce qu'elle demande un raisonnement institutionnel et non technique.

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