La dissertation juridique n'est pas une dissertation de philosophie. Elle ne demande pas de défendre une thèse personnelle mais de démontrer une idée à partir du droit positif. Cette contrainte est en réalité une aide : elle réduit considérablement le champ des plans possibles.
Analyser le sujet
Commencez par identifier le type de sujet, car il commande le plan.
- Sujet notionnel (« La faute »). On attend une définition, un régime, des limites.
- Sujet de comparaison (« Nullité et caducité »). Le plan ne peut pas être « I. La nullité, II. La caducité ». Il faut confronter : ressemblances puis différences, ou critère de distinction puis effets.
- Sujet de relation (« Le juge et le contrat »). C'est le lien qui est le sujet, pas les deux termes pris séparément.
- Sujet-question (« Le préjudice écologique est-il un préjudice comme les autres ? »). La réponse structure le plan, souvent en oui mais ou en non mais.
Délimitez explicitement le sujet au brouillon : ce qu'il inclut, ce qu'il exclut. Un sujet sur « la responsabilité du fait des choses » n'appelle pas un développement sur la responsabilité du fait personnel, même si vous la connaissez mieux.
Trouver la problématique
La problématique n'est pas une reformulation du sujet avec un point d'interrogation. C'est la tension qui rend le sujet intéressant : deux exigences qui s'opposent, une règle qui a changé, un principe dont les exceptions ont pris le dessus.
Une méthode simple : cherchez ce qui a bougé. Une réforme récente, un revirement de jurisprudence, un débat doctrinal. Le droit qui bouge est le droit qui fait problème, et c'est là que se trouve votre problématique.
Le plan en deux parties
Deux parties, deux sous-parties chacune. Ce n'est pas une convention arbitraire : c'est le format qui oblige à hiérarchiser plutôt qu'à énumérer.
Les couples classiques, à utiliser sans complexe car ils fonctionnent : principe et limites, conditions et effets, affirmation et atténuation, consécration et encadrement, unité et diversité. Le mauvais réflexe consiste à les plaquer sans les adapter ; le bon consiste à partir du sujet et à constater qu'il tombe dans l'un de ces couples.
Sujet. « L'obligation d'information dans le contrat »
Plan catalogue, à éviter. I. Les sources de l'obligation d'information. II. Les sanctions de l'obligation d'information. Ce plan juxtapose, il ne démontre rien.
Plan démonstratif. I. Une obligation généralisée par le législateur. II. Une obligation contenue par le juge. Le plan porte une idée : l'extension légale est compensée par une limitation prétorienne.
Chapeaux et transitions
Le chapeau, deux ou trois lignes après chaque titre de partie, annonce les deux sous-parties. La transition, à la fin de chaque partie, montre pourquoi la suivante s'impose. Ces éléments paraissent formels : ils sont en réalité ce qui distingue une dissertation d'un plan détaillé rédigé.
L'introduction, en cinq temps
- Accroche. Une phrase, un chiffre, une réforme, une décision. Jamais une citation décorative.
- Définition des termes. Chaque mot du sujet est défini, avec son fondement si possible.
- Délimitation. Ce que le sujet couvre et ce qu'il exclut, avec une justification.
- Problématique. Une seule question, formulée clairement.
- Annonce de plan. Deux phrases, sans « nous verrons dans un premier temps ».
Comptez un tiers du temps total pour l'introduction et le plan. Sur quatre heures d'épreuve, cela signifie une heure vingt de brouillon avant d'écrire la première phrase au propre. C'est contre-intuitif et c'est pourtant ce qui sépare les copies à 8 des copies à 14.